Les années passent, tout le monde change.
Le travail nous fait changer, les amours aussi, le temps qui passe a ses conséquences également, les résponsabilités, les factures, l'argent encore et encore +++, la famille, les conflits, les déceptions, les désillusions...
Plus je vieillis (on ne dit plus "grandi"), plus j'ai l'impression de me perdre de vue, de ne vivre que pour les autres, qu'à travers leurs regards.
Je ne défends plus mes opinions, je ne soutiens plus mes avis lors des dîners; je prône le "politiquement correct".
Je suis devenue la reine des concessions grâce aux échecs passés.
Me suis-je perdue de vu?
J'étais une petite fille plutôt effacée facé à un frère-pitre, toujours le nez dans un livre, je me coupais complétement du monde, de ce qu'il pouvait se passer autour de moi...
Et puis j'ai grandi, je suis devenue une adolescente "drôle", de "bonne compagnie", celle qu'on aimait bien fréquentée, cool... J'avais des idées arrêtées et irréfutables sur la politique, le racisme, l'injustice. Je ne supportais pas l'injustice. Je m'en suis pris des claques à cause de cette sensibilité...
J'adorais danser, j'étais la première à me lever et entrainer les autres.
Je sortais beaucoup, souvent, trop.
Il est clair que j'ai bien profité de ma "jeunesse", de ces folles années; je l'ai usé et raclé jusqu'à la dernière miette. Peut-être trop.
Peut-être car il est évident que je n'ai rien à regretter mais la nostalgie reste un peu dans un coin de ma tête.
La nostalgie de ces soirées sans fin, de ces improvisations merveilleuses, de ces fou-rires, de ces frivolités, de ces inconnues, de ces insouciances...
Désormais tout est sous contrôle afin de ne pas perdre le fil, comme une juste barrière de sécurité.
Parfois cela me fait sourire de repenser à des moments et puis je repense à d'autres, et je suis heureuse d'être là où j'en suis.

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